La pouzzolane participe à l’élimination des mauvaises odeurs

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La pouzzolane abrite les bactéries qui détruisent les mauvaises odeurs

Pour éliminer les odeurs des effluents qui parviennent à la station d’épuration de Belleville-en-Beaujolais, le CITEAU (1) a opté pour une méthode « verte » : l’emploi de filtres dans lesquelles agissent des bactéries nichées dans les alvéoles d’une roche naturelle d’origine régionale : la pouzzolane.

Performant depuis la mise en service de la station d’épuration en 2011, ce traitement biologique de l’air évite tout recours aux intrants chimiques.

Ce filtre à air contient plusieurs tonnes de pouzzolane porteuse de bactéries

« Dès la conception de notre station d’épuration, nous voulions réaliser une installation performante à la fois dans le traitement des eaux usées mais aussi dans sa prise en compte du développement durable (2) », explique Frédéric Pronchery, vice-président de la Communauté de communes Saône Beaujolais, président du CITEAU et élu maire de Belleville-en-Beaujolais le 15 mars dernier.

« Nous avons donc cherché une alternative à la désodorisation chimique, technique certes très répandue, mais pas compatible avec notre projet. A force d’investigations, nous avons trouvé une solution biologique… que nous avons dû imposer à notre maître d’œuvre, plus enclin à utiliser une méthode chimique, plus simple d’utilisation », poursuit l’élu du Nord-Beaujolais.


Frédéric Pronchery, vice-président de la Communauté de communes Saône Beaujolais, président du CITEAU et bientôt maire de Belleville-en-Beaujolais : « le procédé choisi [traitement biologique] donne une plus-value environnementale supplémentaire au projet »

Le process biologique (3) ainsi retenu par le CITEAU consiste en un filtrage des émanations olfactives des effluents parvenant à la station d’épuration par l’action de bactéries fixées sur de la pouzzolane, une roche naturelle constituée de scories volcaniques qui possède une structure alvéolaire et que l’on trouve notamment dans la région Auvergne – Rhônes-Alpes.

Outre qu’elle ne fait pas appel à des intrants chimiques, la désodorisation biologique donne des garanties égales d’efficacité. « Ce qui était important pour nous dès le lancement du projet, car la station allait être construite à proximité du centre de Belleville-en-Beaujolais », assure le nouveau maire de la commune.

Restait alors à intégrer ce choix du maître d’ouvrage dans le projet de construction. Du fait des volumes d’air à traiter, il a fallu prévoir la réalisation de trois filtres plein de pouzzolane remplissant une salle de 210 m3 (70 m² de surface sur 3 m de hauteur). « Heureusement, nous avions la place nécessaire », indique Frédéric Pronchery.

« Certes, ces filtres ont au départ représenté un surcoût. Mais nous l’amortissons dans la durée, note le président du CITEAU, car, d’un côté, nous n’avons pas à acheter d’intrants chimiques, et de l’autre, la pouzzolane des filtres ne doit être renouvelée qu’une fois tous les dix ans ». « Ce qui se vérifie à l’usage : après neuf ans d’utilisation, ce matériau remplit toujours sa fonction », ajoute-t-il.

Autre avantage généré par le traitement biologique : l’absence de livraison régulière de produits chimiques renforce le bon bilan carbone du fonctionnement de la station d’épuration bellevilloise. « Ainsi, le procédé choisi donne une plus-value environnementale supplémentaire au projet », conclut Frédéric Pronchery, assurant que « sa » station d’épuration fait référence en France 

  • CITEAU : Centre intercommunal de traitement de l’eau Saône-Beaujolais-Belleville
  • Outre le choix d’un traitement biologique des odeurs, le CITEAU a pris plusieurs initiatives favorables à l’environnement : construction BBC, installation de 40 nichoirs, implantation d’un verger naturel… La station d’épuration joue aussi le rôle de fournisseur d’énergie ; la chaleur contenue dans les effluents collectés (15°C en moyenne) est récupérée pour alimenter un réseau de chaleur basse température connecté à trois immeubles (logements et bureaux)
  • Aspiré dans toutes les parties intérieures de la station, l’air est ensuite oxydé par aspersion puis diffusé dans les filtres tenus humides par une rampe d’aspersion (brumisation d’eau industrielle)