Focus sur …

Sur cette page d’actualité, chaque mois, nous aborderons une thématique spécifique sur lesquelles vous, élus et techniciens, êtes confrontés. Pour chaque dossier du mois, des articles, outils, retours d’expériences seront déclinés afin de vous apporter le plus d’informations possibles.


Découvrir le monde des matériaux et minéraux

Le vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 septembre 2021, l’UNICEM organise des journées portes ouvertes, durant les Journées Européennes du Patrimoine. L’occasion pour le grand public de découvrir une filière industrielle française qui participe à l’aménagement et à la vie économique des territoires et promeut les circuits courts et l’économie circulaire.

Trois jours de visites et de découverte

Durant 3 jours, les collaborateurs des entreprises guideront petits et grands à travers les visites des sites de la filière minérale.

En fonction des sites ouverts à proximité de chez vous, vous pourrez :

  • Découvrir l’activité industrielle : en visitant une carrière, une usine de transformation des matériaux, un atelier de façonnage de la pierre, une unité de production de béton prêt à l’emploi, une installation de recyclage des matériaux, etc.
  • Découvrir l’apport de la filière aux territoires : en visitant des sites réhabilités et réaménagés, en suivant des parcours « biodiversité », en comprenant les usages des matériaux produits sur les sites de la filière.
  • En complément des visites guidées, de nombreux ateliers seront proposés par les entreprises au public : des ateliers adaptés aux enfants, des initiations à la conduite d’engins, des démonstrations de taille de pierre, etc.

Le programme en Auvergne Rhône-Alpes :
Dans la Drôme :
A Albon, la carrière et l’usine de fabrication de béton préfabriqué exploitée par le Groupe DELMONICO DOREL

En Isère :
A Creys Mepieu, la carrière exploitée par GRANULATS VICAT

Dans le Puy-de-Dôme :
A Chateaugay, la carrière exploitée par JALICOT (Eurovia)

Dans le Rhône :
A St Pierre de Chandieu, la carrière exploitée par la société Les carrières du cheval blanc
Sur la commune de Le Py, la carrière exploitée par l’entreprise CARRIERES POCCACHARD


L’Unicem propose une feuille de route aux exécutifs régionaux

Les rendez-vous électoraux sont souvent l’occasion pour notre filière d’interpeller les futurs et nouveaux élus sur les enjeux de nos métiers. Une occasion aussi pour l’Unicem d’être force de proposition et de réaffirmer son rôle dans le développement des territoires (participation au développement économique, emplois non délocalisables, fiabilité des approvisionnements, contribution à l’économie circulaire, engagement dans la construction responsable, préservation de l’environnement, développement de la biodiversité…).

L’Unicem souhaite ainsi interpeller les futurs Conseils régionaux pour qu’ils inscrivent dans leur feuille de route des engagements forts vis-à-vis de la filière afin de renforcer ses leviers d’actions. Quatre thématiques majeures ont été mproposées aux élus régionaux. Elles seront mises en lumière sur ce blog au mois de juillet.

AU SOMMAIRE QUATRE AXES PRIORITAIRES :

Soutenir la formation

Attirer des jeunes et des talents dans nos filières qui recrutent 1 400 collaborateurs chaque année. L’UNICEM gère trois campus de formation d’apprentis qui accueillent 1000 jeunes par an et permet aux salariés de faire évoluer leurs compétences. L’UNICEM attend le soutien indispensable à ses structures de formation afin que ses entreprises puissent disposer de collaborateurs performants et adaptés à leurs évolutions technologiques.
Nous souhaitons que les Régions accompagnent de nouveau les apprentis dans leur mobilité (entre le CFA et le domicile, entre le domicile et l’entreprise) et les accompagnent également dans la recherche et dans le financement de leur logement. 
Les Régions doivent faciliter la mise en relation des jeunes avec les CFA de la région, associer les branches professionnelles aux campagnes d’orientation, et ouvrir davantage les portes des lycées aux branches et aux entreprises afin que l’apprentissage puisse y être présenté. 

Respecter l’équité entre matériaux

Au vu de leur durabilité, de leurs performances thermiques, de leur capacité à intégrer des solutions alliant divers matériaux, le béton ou la pierre, matériaux locaux par excellence, sont les partenaires des solutions constructives bas-carbone.

– Nous plaidons pour un traitement équitable avec les matériaux biosourcés. C’est grâce à la complémentarité, la mixité que nous parviendrons collectivement à atteindre l’objectif de la neutralité carbone dans la construction.
– Nous demandons que les Régions soutiennent les entreprises de notre filière comme elles peuvent soutenir les filières biosourcées, en utilisant le levier de la commande publique pour encourager le recours à des matériaux locaux et mieux-disants.
En ce qui concerne le soutien à l’industrie de la pierre de construction, nous demandons que les Régions favorisent la commande directe en développant un allotissement adapté pour les matériaux. 

Le transport des matériaux : ZFE et écotaxe régionale

Conscients, en accompagnement de la mise en place des ZFE, de la nécessité de limiter encore davantage les émissions de CO2 liées au transport, nous demandons le soutien financier des Régions pour accompagner nos entreprises à s’équiper en nouveaux matériels et développer le maillage en réseaux de distribution d’énergies alternatives.


Nous demandons que, si la mise en place d’une écotaxe régionale sur les poids lourds devait être décidée, elle ne s’applique pas aux transports de courte distance afin de ne pas pénaliser les transports de marchandises quotidiens comme les livraisons sur les derniers kilomètres qui ne sont pas susceptibles de faire l’objet d’un report modal. 


RE 2020 : état des lieux d’une (r)évolution

C’est officiel, la RE 2020 entrera en vigueur au 1er janvier 2022.
Quels sont les principes de cette nouvelle donne environnementale ?
Ses ré
percussions sur les modes constructifs et plus particulièrement sur la filière matériaux ? Sans oublier l’impact sur la gestion des ressources naturelles. Etat des lieux.

AU SOMMAIRE :


Une remise en cause des efforts de recyclage fait par la filière

“La filière a fait des efforts pour rentrer dans les seuils. Des projets nationaux comme Facecarb qui vise à la décarbonation du matériaux béton sont en cours. Diogène fait aussi partie des projets à suivre pour les matériaux minéraux ” témoigne Pierre Antoine d’Argento, Délégué régional Centre Est chez Syndicat National du Béton Prêt à l’Emploi (SNBPE)

A noter que  la décarbonation vise à réduire la consommation d’énergies, la décarbonisation est, quant à elle, une inversion de processus. Enfin, la décarbonatation est l’élimination du carbone d’un matériau.

Le choix de ce mode de calcul, laissant augurer des pertes de part de marchés, entraînerait fatalement des conséquences sur les désinvestissements des filières à maturité de matériaux de construction, entraînant un déficit de ceux-ci… et une déstabilisation de la filière bois, pas structurée pour faire face à la demande de logements.

S’interroger sur la gestion des ressources


“Pour les matériaux, nous n’avons pas de problème de gisement aujourd’hui en région. De plus, les unités de fabrication béton et enrobés, carrière gèrent des matériaux inertes. Ils accueillent ces matériaux, les traitent pour ensuite les réintroduire sur le marché de la construction.”

Au-delà de l’opposition des filières, que personne ne souhaite mettre en avant, se pose logiquement aujourd’hui la question de la gestion de la ressource bois qui verra son utilisation décupler dans les prochaines années.  “La régularité des tensions sur la ressource et l’incertitude industrielle qui pèsent naturellement sur la ressource boisée face aux aléas climatiques et sanitaires et aux maladies émergentes montrent pourtant les limites du tout-bois” souligne la filière qui rappelle aussi le morcellement réel du patrimoine forestier français.

Une inquiétante distorsion de concurrence entre matériaux

“La RE 2021 est vécue comme un coup d’arrêt pour la filière matériaux, mais dont les facultés de R&D sont considérables.”

Face à cette nouvelle donne, l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction a fait part de ses interrogations sur leurs conséquences potentielles à court et moyen termes sur l’activité de la filière : “Les risques de perturbations sont réels alors même que nous nous inscrivons depuis plusieurs années dans un cercle vertueux d’économie circulaire, avec une prise en compte des enjeux du développement durable du secteur de la construction sous le prisme de l’analyse du cycle de vie global des matériaux utilisés. De plus, les chefs d’entreprise sont particulièrement inquiets sur la possible institutionnalisation d’une distorsion de concurrence entre matériaux”.

ACV dynamique : quelles répercussions ?

La filière prône depuis de longues années la mixité des matériaux, avec une approche qui repose, notamment, sur l’utilisation du bon matériau au bon endroit. L’industrie des carrières et matériaux est plus que jamais engagée dans la valorisation et le recyclage des déchets. “Avec ce mode calcul, les activités de la filière minérale (ciment, granulat) seront impactées de 40% à l’horizon 2031, avec une baisse significative identique pour le béton.”.

Une baisse de 40 points pour la filière à l’horizon 2031


“Avec ce mode calcul, on va perdre logiquement du béton, du ciment et donc du granulat”

La filière prône depuis de longues années la mixité des matériaux, avec une approche qui repose, notamment, sur l’utilisation du bon matériau au bon endroit. L’industrie des carrières et matériaux est plus que jamais engagée dans la valorisation et le recyclage des déchets. “Avec ce mode calcul, les activités de la filière minérale (ciment, granulat) seront impactées de 40% à l’horizon 2031, avec une baisse significative identique pour le béton.”.


“Un frein aux engagements pris pour décarbonater les secteurs industriels »

Cette décision de valider le calcul de l’ACV dynamique constitue un véritable frein aux engagements pris et aux nombreux projets d’investissements déjà en cours pour décarboner les secteurs industriels. Elle représente également un risque de délocalisation, et fragilise de nombreuses entreprises, en particulier des PME. La nouvelle réglementation, « en cherchant à favoriser les matériaux biosourcés, s’affranchit de la rigueur scientifique” soulignent les représentants des filières industrielles des matériaux de construction associé à la filière terre cuite (tuiles & briques) au FILMM (isolants) et au SCMF (construction métallique).


RE 2020 : les écueils de l’ACV dynamique

Fort des résultats de l’Observatoire E+C-, la RE2020 a validé l’analyse du cycle de vie dynamique du bâtiment qui prend en compte l’impact carbone des phases de construction à sa démolition. Si en ACV statique chaque étape de la vie d’un matériau a la même valeur, dans ce nouveau mode de calcul dynamique, les capacités de stockage temporaires du carbone sont prises en compte et les coefficients appliqués ont plus de poids au début du cycle de vie pour diminuer en fin de vie. Les matériaux biosourcés sont donc privilégiés au détriment du béton qui, à contrario, est valorisé et recyclé en fin de vie. Autre bémol, l’ACV dynamique est essentiellement fondée sur des calculs et donc déconnectée de la réalité physique du terrain. Cette méthode de l’ACV dynamique n’est utilisée dans aucun autre pays d’Europe et aucune norme ISO ne la valide, contrairement à l’ACV statique qui, depuis 50 ans, fait l’objet d’une normalisation internationale. Une particularité qui pourrait également pénaliser les entreprises françaises à l’étranger.

Entrée en vigueur au 1er janvier 2022

Actée en février dernier, cette réglementation sera progressivement de plus en plus exigeante, depuis son entrée en vigueur au 1er janvier 2022  jusqu’à 2031 avec trois jalons prévus en 2025, 2028 et 2031 qui constituent autant de marches de rehaussement des exigences.

REPERES

Un calcul complexe
L’ACV dite « dynamique » est extrêmement complexe et n’est pas sans susciter quelques  controverses. “En effet, par définition le résultat de l’ACV dynamique dépend fondamentalement, et mathématiquement des hypothèses temporelles retenues (durée de vie et horizon temporel après construction). Ainsi l’impact de l’émission d’1 kg de carbone qui aura été stocké temporairement pendant 50 ans, se voit minoré en fonction de l’horizon temporel que l’on retient, et comptera dans le bilan global pour :
-0,92 kg sur un horizon de 500 ans
-0,73 kg sur un horizon de 150 ans
-0,57 kg sur un horizon de 100 ans
C’est cet horizon temporel à 100 ans qui a été retenu par la DHUP.
(Source, la filière béton

“Le béton pénalisé”

Nous sommes bien évidemment d’accord avec la décarbonatation mais pas en changeant les règles en cours de route. Il n’est pas question d’opposer les filières car nous allons tous dans le même sens, mais ce mode de calcul va logiquement pénaliser le béton qui impacte la construction uniquement lors de sa mise en œuvre quand sa performance de valorisation/recyclage atteint 88% en fin de vie » souligne Pierre-Antoine D’Argento, Délégué régional Centre Est chez Syndicat National du Béton Prêt à l’Emploi (SNBPE).


De la RT à la RE 2020 en passant par l’Observatoire E+C- …

Depuis plus de quarante ans, la France s’est engagée dans la protection de l’environnement en privilégiant des mesures qui encouragent la transition énergétique du pays. Cette préoccupation environnementale, qui date de 1974 avec la première réglementation thermique, prend un tournant significatif en 2005 avec la mise en place de nouveaux labels (BBC, HPE, THPE…) puis en 2007 avec le Grenelle de l’environnement et la mise en route de la RT 2012.  Objectif : booster l’isolation des bâtiments, l’utilisation des énergies renouvelables pour faire baisser de 15 millions le CO2 et économiser 150 milliards de kWh. 

2017, la réduction carbone en ligne de mire …

La réglementation thermique devient réglementation environnementale en 2016 avec le lancement de l’expérimentation E+C (énergie plus, carbone moins), appelé également label énergie carbone. N’importe quel maître d’ouvrage volontaire peut participer à cette expérimentation. qui vise à anticiper la RE 2020, à travers l’expérimentation des seuils du référentiel E+C- (Energie positive et Réduction carbone). A plus long terme, le but est de parvenir à généraliser les bâtiments à énergie positive avec une empreinte carbone la plus réduite possible sur l’ensemble de leur cycle de vie. Cette nouvelle réglementation, qui vient enrichir la RT2012 en introduisant la notion de réduction carbone, émerge de la volonté de l’État et du dialogue avec les acteurs qui ont décidé d’agir collectivement pour réduire les émissions du bâtiment. L’Observatoire E+C- fixe notamment deux niveaux de performance pour les émissions carbone (carbone 1 et 2) calculés sur le cycle de vie du bâtiment, soit 50 ans.

REPERES

Aujourd’hui, près de 1 000 bâtiments ont testé le label, soit  600 maisons individuelles, 228 logements collectifs et 131 bâtiments tertiaires.  “Dans l’Observatoire, on dénombre 300 ou 400 bâtiments par grande région qui ont été observés  et paradoxalement, il n’y a pas beaucoup de modes constructifs en béton” commente Pierre-Antoine D’Argento, Délégué régional Centre Est chez Syndicat National du Béton Prêt à l’Emploi (SNBPE).